Frelon asiatique

Apparu en 2004 en France, le frelon asiatique Vespa velutina exerce une forte pression sur les ruchers à l’automne, affaiblissant les colonies d’Apis mellifera et menaçant leur survie hivernale, notamment en région PACA.

Depuis 2021, l’ADAPI conduit des travaux pour mesurer précisément son impact et tester des solutions de protection adaptées aux exploitations apicoles professionnelles.

Présentation de Vespa velutina (Vv)

Vespa velutina (Vv) est apparu en 2004 dans le sud-ouest de la France. Cette espèce invasive a trouvé un climat favorable à son développement qui lui a permis de coloniser l’ensemble du territoire national et les pays limitrophes. Prédateur généraliste, il privilégie les proies localement abondantes qui fait des ruchers des aires de prédation de premier choix. Son impact sur les ruchers se fait sentir en fin d’été et à l’automne, période où la population des nids est à son paroxysme avec plus de 2000 individus. Les prélèvements continus d’abeilles par les frelons, en vol stationnaire devant les ruches, génèrent un stress des colonies d’Apis mellifera (paralysie de l’activité de butinage et arrêt de ponte des reines) qui les affaiblit à l’automne et menace leur survie hivernale. De ce fait, les conséquences de la prédation du frelon sur les ruchers et plus généralement sur les exploitations apicoles ne peuvent être mesurés, le plus souvent, qu’au printemps lors de l’état des lieux réalisé par les apiculteurs. C’est le cas dans le sud de la région PACA, et particulièrement dans les départements du Var et des Alpes maritimes, où nombre d’apiculteurs relatent de lourdes pertes de colonies voire de ruchers entiers dans des environnements où la pression du frelon est très élevée. Ces apiculteurs se sentent démunis et considèrent que les autorités ne prennent pas la mesure de ce fléau. Partant de ce constat, il semble nécessaire de documenter l’impact réel du frelon asiatique afin que d’avantage de moyens soient mis dans des mesures de régulation du prédateur et de protection des ruchers. Depuis quelques années, L’ADAPI, avec le soutien de la région SUD PACA, du conseil départemental 06, de la chambre d’agriculture 06, du GDSA06, du CIVAM06 et des apiculteurs professionnels mettant à disposition leurs coloniesréalise des actions pour tester des dispositifs de protections des ruchers et apporter un éclairage sur l’impact du frelon sur les colonies d’abeilles et les exploitations apicoles 

2021-2022 : sélectivité des pièges, attractivité des appâts et relation entre piégeage de fondatrice au printemps et d’ouvrières à l’automne.

Les stratégies de lutte les plus répandues sont le piégeage de fondatrices au printemps et celui d’ouvrières à l’automne au sein des ruchers. Cependant, l’efficacité du piégeage comme moyen de lutte fait débat. En 2021, l’ADAPI a testé la sélectivité de différents types de pièges ainsi que l’attractivité de plusieurs pièges et appâts.  Des pièges relativement sélectifs comme les pièges de type nasses, et des appâts particulièrement attractifs tels que les mélanges bière/vin/sirop, ont pu être identifiés.  

En revanche, le piégeage préventif de fondatrices au printemps, à l’échelle de plusieurs ruchers, ne donne pas de résultats satisfaisants. En 2022, des piégeages de fondatrices au printemps et d’ouvrières à l’automne sont réalisés sur les mêmes ruchers. La tendance qui se dégage est la suivante : plus les pièges attrapent de fondatrices au printemps plus la pression est élevée à l’automne. Cette corrélation semble indiquer que le piégeage de fondatrice au printemps, à l’échelle du rucher, n’a pas d’intérêt comme moyen de réduction de la pression de prédation mais pourrait être un indicateur de la pression frelon à l’automne.  

2023 : des filets pour protéger les ruchers ?

En 2023, les travaux réalisés avaient montré qu’une forte pression de prédation (5 frelons/colonie) avaient eu pour conséquence la perte de la totalité des colonies d’un rucher de 40 colonies. La stratégie de disposer un filet de protection sur les colonies n’avait pas été concluante. Les observations ont conclu à une capture moyenne de 2.8 abeilles par ruche toutes les 10 min soit plus de 200 000 abeilles (28 kg) prélevés pour les 40 colonies rien que sur le mois de septembre. 

 

Pour aller plus loin…

Compte rendu synthétique 2023

2024 : et les harpes électriques ?

En 2024, L’étude réalisée a montré, tout d’abord, que le dispositif de harpes électriques utilisé pour protéger une partie des colonies s’est avéré intéressant comme dispositif de lutte contre le frelon. Ce dispositif nous a permis d’approcher un seuil de prédation à partir duquel le frelon est nuisible. Ainsi à partir de 2 frelons/colonie, la population ainsi que les réserves des colonies sont fortement impactées à l’automne. Cela s’est traduit par une baisse de population d’1/3 d’abeilles et une baisse de 4 kg du poids des colonies (réserves). Cette différence à l’entrée de l’hiver a montré une nécessité de nourrir les colonies et un risque accru de perte en sortie d’hiver.  

 

Pour aller plus loin…

Compte rendu synthétique 2024

2025 : Les harpes… Suite 

En 2025, les travaux se poursuivent pour optimiser et faciliter l’utilisation des harpes électriques à l’échelle d’un rucher d’apiculteur professionnel de 40 à 80 colonies, évaluer l’intérêt de complémenter les colonies en apports protéinées pour éviter les carences en pollens et continuer d’acquérir des données chiffrées sur l’impact du frelon et affiner les seuils de nuisibilité. 

Perspectives 

En 2026, dans la continuité des travaux antérieurs, il sera nécessaire de poursuivre les actions dans le département pour : 

Pour la réalisation de ces travaux, l’ADAPI pourra compter sur ses partenaires du réseau RESAPI (ADA/ITASAP) et pourra compter sur des financements INTERAPI, de l’ATN via l’ITSAP, du conseil départemental des Alpes maritimes (06) et de la région PACA.